« Avoir ne compte pas, mais ce qui compte est être! »

Le 15 février 2012, le Saint-Père a rendu visite au grand séminaire pontifical romain où il a livré une lectio divina dans laquelle il exhorte les catholiques à être anti-conformistes.

En voici quelques extraits.

« Nous voyons que le monde de la finance arrive à dominer l’homme, que le fait de posséder et d’apparaître dominent le monde et l’esclavagisent. Le monde de la finance ne représente plus un instrument pour favoriser le bien-être, pour favoriser la vie de l’homme, mais il devient un pouvoir qui l’opprime, qui doit être presque adoré: «Mammon, la véritable fausse divinité qui domine le monde». Contre ce conformisme de la soumission à ce pouvoir, nous devons être anticonformistes: avoir ne compte pas, mais ce qui compte est être! Ne nous soumettons pas à cela, utilisons-le comme moyen, mais avec la liberté des fils de Dieu.

Il y a ensuite l’autre pouvoir, le pouvoir de l’opinion publique. Nous avons certainement besoin d’informations, de connaissance des réalités du monde, mais cela peut ensuite devenir un pouvoir de l’apparence; à la fin, ce qui est dit compte plus que la réalité elle- même. Une apparence se superpose à la réalité, devient plus importante, et l’homme ne suit plus la vérité de son être, mais veut surtout apparaître, être conforme à cette réalité. Et contre cela également, il existe l’anticonformisme chrétien: nous ne voulons pas toujours «être conformés», loués, nous ne voulons pas l’apparence, mais la vérité et cela nous donne la liberté et la véritable liberté chrétienne: se libérer de cette nécessité de plaire, de parler de façon conforme à ce que la masse pense, et avoir la liberté de la vérité, et ainsi recréer le monde de manière à ce qu’il ne soit pas opprimé par l’opinion, par l’apparence qui ne laisse plus apparaître la réalité elle-même; le monde virtuel devient plus vrai, plus fort et on ne voit plus le monde réel de la création de Dieu. L’anticonformisme du chrétien nous rachète, nous restitue à la vérité. Prions le Seigneur pour qu’il nous aide à être des hommes libres dans cet anticonformisme qui n’est pas contre le monde, mais qui est le véritable amour du monde.

Et saint Paul poursuit: «Que le renouvellement de votre jugement vous transforme» (v. 2). Deux mots très importants: «transformer», du grec metmorphon, et «renouveler», en grec anakainosis. Nous transformer nous-mêmes, nous laisser transformer par le Seigneur sous la forme de l’image de Dieu, nous transformer chaque jour de nouveau, à travers sa réalité, dans la vérité de notre être. Et ce mot «renouvellement»; telle est la véritable nouveauté: que nous ne nous soumettions pas aux opinions, aux apparences, mais à la Grâce de Dieu, à sa révélation. Laissons-nous former, façonner pour qu’apparaisse réellement dans l’homme l’image de Dieu.

«Que le renouvellement de votre jugement — dit Paul de manière surprenante pour moi — vous transforme». Ce renouvellement, cette transformation commence donc avec le renouvellement de la pensée. Saint Paul dit «o nous»: toute la manière de notre façon de raisonner, la raison même doit être renouvelée. Elle ne doit pas être renouvelée selon les catégories habituelles, mais renouveler signifie se laisser réellement illuminer par la Vérité qui nous parle dans la Parole de Dieu. Et ainsi, finalement, apprendre la nouvelle manière de penser, qui est une manière qui n’obéit pas au pouvoir et à l’avoir, à l’apparence etc., mais qui obéit à la vérité de notre être qui demeure profondément en nous et qui nous est redonnée dans le Baptême. »

L’intégralité de l’intervention du Saint-Père peut être lue sur le site du Vatican.


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